Rénovation Urbaine

Vous habitez dans un Quartier Politique de la Ville (QPV).

La politique de la ville a pour ambition de réduire les écarts de développement entre les quartiers populaires et les autres territoires. Elle a également pour objectif d’améliorer les conditions de vie de leurs habitants.

Un QPV, est donc un quartier considéré comme prioritaire par ces politiques publiques.

Les politiques sont souvent menées au nom des habitants sans même les consulter sur leurs souhaits, leurs désirs, et leurs besoins en ce qui concerne leurs propres lieux de vie.

Le but de ce livret, est donc de nous donner collectivement les informations nécessaires pour prendre en main l’avenir de nos quartiers. Parce que nous sommes convaincus que :

Tout ce qui est fait pour nous, sans nous, est fait contre nous !

Dans le but d’améliorer les conditions de vie des habitants des quartiers populaires, la politique de la ville met en place entre autres des projets de rénovation urbaine. C’est une politique de grande ampleur qui a pour vocation de transformer nos quartiers.

OÙ EN EST LA RÉNOVATION URBAINE DANS NOS QUARTIERS ?

Depuis le début des années 2000, un vaste plan de rénovation urbaine a été mis en place. Il a été mené par l’Agence Nationale de Rénovation Urbaine (ANRU) à l’échelle de l’État, et par Marseille Rénovation Urbaine (MRU) à l’échelle de notre ville.

L’ANRU et MRU, appuyés par les collectivités locales (ville de Marseille, métropole Aix Marseille, département, région…), ont financé les opérations de rénovation urbaine qui se sont déroulés et se déroulent encore dans nos quartiers.

En ce qui concerne l’habitat, ce sont les bailleurs sociaux (13 Habitat, Logirem, Habitat Marseille Provence, Marseille Habitat…) qui mettent en œuvre ces projets. Des MOUS (Maîtrise d’Œuvre Urbaine et Sociale) sont alors missionnées afin d’assurer la définition opérationnelle des projets de réaménagement et l’accompagnement des habitants. Ils définissent en amont les opérations de relogement et le maintien ou la création de services.

Mais derrière cette histoire officielle pleine de sigles et de dates, il y a notre expérience à nous, habitants de ces quartiers ! Nous souhaitons revendiquer notre expertise, nos expériences… et affirmer que l’on souhaite que ça change !

 

La concertation, une obligation légale.

Les projets qui touchent nos quartiers doivent respecter un cadre juridique : celui du Code de l’urbanisme.
Il y est notamment précisé que : « Font l’objet d’une concertation associant, pendant toute la durée de l’élaboration du projet, les habitants, les associations locales et les autres personnes concernées : […] les projets et opérations d’aménagement ou de construction ayant pour effet de modifier de façon substantielle le cadre de vie » (article L103-2).

Nos expériences passées des opérations de rénovations urbaines nous ont trop souvent laissés un goût amer.
En général, les souhaits et l’expertise des habitants étaient ignorés :

  • quant à l’attention accordée à nos demandes en terme de relogement,
  • quant à l’élaboration des projets de bâtis extérieurs et intérieurs,
  • quant à la conception des espaces de vie commune,
  • quant au suivi des travaux et au respect des engagements pris par les bailleurs,
  • quant à l’affectation en pied d’immeuble de locaux associatifs et commerçants adaptés aux souhaits et aux besoins des habitants,
  • quant au recrutement des habitants des quartiers sur les chantiers ou dans les entreprises installées dans nos quartiers .

En tant qu’habitants des quartiers populaires, nous connaissons nos cadres de vie mieux que quiconque !
C’est ce que nous appelons l’expertise d’usage, et nous demandons à ce qu’elle soit écoutée dans le cadre des opérations de rénovation urbaine.

Nous ne voulons plus que le devenir de nos quartiers et de nos logements soient décidés par d’autres !
C’est pour cela que Pas Sans Nous 13 s’est donnée une mission :

Veiller à ce que la concertation sur la rénovation de nos quartiers ne soit pas seulement menée POUR les habitants mais PAR les habitants !

Qu’est-ce que la concertation selon nous ?

Concerter les habitants, ce n’est pas seulement les informer après coup de décisions qui ont déjà été prises ! La concertation pour nous, commence par la co-construction des projets avec les habitants, et elle s’étend jusqu’à la co-décision.

Les demandes, les expertises et les souhaits des habitant doivent être pris au sérieux, ce qui implique :

  1. D’accepter les demandes des habitants si elles sont réalisables.
  2. De justifier pourquoi si ce n’est pas possible, pour offrir aux habitants la possibilité de comprendre, et de répondre.

Une concertation qui se décline sur plusieurs aspects.

Celle que nous souhaitons mettre en place ne doit pas se limiter à des éléments secondaires et superficiels. Nous souhaitons que les habitants soient impliqués à différents niveaux :

  • Avant que les travaux commencent, les habitants doivent pouvoir participer à l’élaboration des projets en ce qui concerne :
  1.  Le bâtiment en général.
  2.  L’architecture intérieure des logements.
  3.  Les espaces de vie extérieurs.
  4.  Le choix du devenir des locaux situés en pied d’immeuble.
  •  Une fois que les travaux ont commencé, la concertation ne s’arrête pas au moment de l’élaboration du projet. Elle continue après le commencement des travaux, à différents niveaux :
  1.  Les habitants doivent pouvoir suivre l’avancement des travaux.
  2.  Ils doivent pouvoirs s’assurer du respect des engagements pris par le bailleur.

 

 

 

L’habitant, acteur de son relogement.

Les projets de rénovation urbaine peuvent entraîner la démolition de bâtiments, ou des travaux de réhabilitation lourds qui nécessitent le relogement des habitants.

Nous considérons que la mise en œuvre du relogement doit impliquer les locataires dans leur propre projet de relogement. Elle doit leur permettre de participer activement au choix de leur nouveau lieu de résidence, et de déterminer les conditions de leur relogement.

Pour cela, les habitants et associations du quartier assurent un suivi sur la manière dont le relogement est mis en place. Cela passe notamment par un contrôle du travail réalisé par la MOUS (organisme chargé de l’accompagnement des locataires dans la mise en œuvre du relogement) désignée par le bailleur.

LA LOI DU 13 DÉCEMBRE 2000 SOULIGNE QUE LES LOCATAIRES DOIVENT ÊTRE RELOGÉS DANS DES LOGEMENTS CORRESPONDANTS À LEURS BESOINS ET À LEURS POSSIBILITÉS FINANCIÈRES.

Un parcours résidentiel positif doit normalement être une opportunité pour les locataires d’améliorer leur situation de vie.

Il doit donc tenir compte des souhaits et des besoins des habitants, qu’ils soient :

  • liés à leur âge,
  • leur vie familiale,
  • leur situation de santé,
  • leur travail,
  • l’éducation des enfants,
  • leurs pratiques religieuses, culturelles ou de loisirs.

Dans le cadre du relogement au quartier des Flamants,  les négociations menées avec le bailleur social des Flamants (13 Habitat), ont permis d’obtenir des conditions de relogement satisfaisant les exigences des habitants.

Notre but est d’obtenir ces conditions avec l’ensemble des bailleurs sociaux sur nos quartiers, à savoir :

* Elle permet à l’habitant d’être relogé, sur son quartier ou sur un autre site de manière prioritaire. Une fois relogé, elle lui laisse le choix de rester définitivement dans le nouveau logement, ou de demander un autre relogement si celui-ci ne lui convient pas.

Brochure Rénovation Urbaine